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Le déficit public recule, pas la dette

Crédit photo : Fred Romero (CC BY 2.0)

Le déficit public est passé sous les 3 % du Produit Intérieur Brut et s’établit à 2.6 % (59,3 milliards d’euros) de la richesse nationale. La Commission européenne devrait donc sortir la France de la procédure de déficit excessif (PDE) dont elle fait l’objet depuis 2009.

La réduction du déficit public est rendue possible par le retour d’une croissance assez forte, 2 % du PIB, en 2017.

La croissance a permis d’augmenter les recettes de l’Etat comme du secteur public local. L’Etat a diminué ses dépenses et a bénéficié de recettes en hausse. Les administrations publiques locales ont pour leur part augmenté les dépenses (reprise des investissements et hausse des rémunérations) ainsi que les recettes: les hausses d’impôts ont compensé la baisse des dotations de l’Etat. Les recettes de taxe d’habitation, perçues par le bloc communal et les départements, se sont accrues de 0,5 milliard d’euros et celles des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) au profit des départements ont augmenté de 2,1 milliards d’euros.

Les administrations de sécurité sociale enregistrent un excédent de 5,1 milliards d’euros grâce à la hausse des recettes permise par le retour d’une croissance soutenue.

En revanche, la dette continue d’augmenter. Elle s’est accrue de 65,9 milliards d’euros en 2017.

La dette des administrations publiques s’élève à 2218, 4 milliards d’euros en 2017, et atteint 97 % du PIB, après 96,6 % fin 2016.

Réduire la dépense publique, ce n’est pas réduire l’action publique mais la transformer.

Le Conseil d’analyse économique s’interroge sur la stratégie à adopter pour les dépenses publiques : il rappelle que la structure des dépenses publiques évolue peu en France. La stratégie de coupes uniformes « coups de rabots » employée ici ou là ont néanmoins été employées pour réduire la dépense. Cette manière de faire a parfois déstabilisé les services publics en les privant des moyens nécessaires pour fonctionner (restrictions de recrutement, sous-investissements, carences d’entretiens des équipements,…). D’autres pays soumis aux mêmes impératifs ont pour leur part privilégié des approches plus fines par une revue systématique de toutes les politiques publiques.

Les préconisations du Conseil d’analyse économique et social :

– Systématiser l’analyse coût bénéfice des politiques publiques

– Identifier les apports potentiels du numérique et des nouveaux modes de gestion des services publics pour transformer l’administration avec un portage politique fort du 1er ministre

– Piloter plus finement l’investissement public pour l’adapter au niveau de la croissance

– Déployer la formation et la mobilité au sein de la fonction publique pour l’adapter aux nouveaux besoins

Données-clés

La dette publique a atteint 2218, 4 milliards d'euros en 2017

La dette publique a progressé de 0.4 % en un an

Pour 2017, le déficit public s'établit à 59.3 milliards d'euros, 2.6 % de la richesse nationale

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